De Tracy Chevalier :
Quatrième de couverture :
La
jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre
Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture
hollandaise. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en
s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très
jalouse de ses prérogatives.
Au
fil du temps, la douleur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille
émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. A mesure que s’affirme
leur intimité, le scandale se propage dans la ville…
Un
roman envoûtant sur la corruption de l’innocence, l’histoire d’un cœur simple
sacrifié au bûcher du génie.
Mon avis :
Depuis longtemps déjà, je suis envoutée
par ce tableau. Celui de cette jeune fille bien mystérieuse, gracieuse et
rehaussée de cette perle qui nous attire irrémédiablement.
Qui est-elle ?
Qu’elle était sa place dans la vie de ce
peintre talentueux ?
C’est ce que nous nous demandons à
chaque fois que nous observons un portrait. Pour certains, c’est une évidence :
un conte, un roi, une duchesse, des personnalités importantes gravées sur des
toiles blanches…
Mais pour d’autres… c’est l’inconnue,
l’interrogation, le doute…
Tracy Chevalier nous laisse entrevoir
une partie de ce mystère. Quand on ne sait pas, pourquoi ne pas inventer ?!
Griet est une jeune servante, qui est
contraint à travailler auprès d’une famille catholique, alors que son père est
devenu aveugle.
Alors qu’elle aime vivre entourée de sa
famille, la pauvre Griet se voit entourée de femmes fortes, à la mine peu
encline à l’amitié.
Tanneke, la gouvernante, vie au service
de la famille Vermeer depuis de nombreuses années. Jalouse de la place que l’on
va donner à Griet, elle lui montre, dès leur rencontre, qu’elle ne supportera
pas un seul écart de conduite de sa part. Sévère et incapable de la moindre
gentillesse, Tanneke se vengera de ne pouvoir servir son maitre comme la jeune
servante.
Catharina, la maitresse des lieux, est
une femme froide et suspicieuse. Parce qu’elle est enceinte et ne se sent pas
assez bien faite de sa personne, elle ne supporte pas Griet et la considère
comme un poids pour ses épaules, plus qu’une délivrance, dans sa condition.
Chaque maladresse de la jeune fille est sévèrement réprimandée, et Catharina ne
laisse rien passer.
Maria Thins, la mère de Catharina, est
peut-être la plus imposante de toute. C’est en fait elle qui gère la maison et
les domestiques. Son avis compte et malgré sa froideur, j’ai plus eu
l’impression qu’elle aidait Griet à franchir les obstacles de ses maitres…
Seule face aux différentes tâches qu’on
lui impose, son seul salut se trouve dans une pièce réservé au maitre Vermeer.
Un atelier, où s’amoncellent les pots de peintures, les objets poussiéreux, les
bibelots, et de grandes toiles vierges en attentent d’être révélées par
l’artiste.
Cette pièce à elle seule, est une œuvre
d’art. Chacune de ses descriptions, m’a plongé dans une atmosphère feutrée, à l’odeur
envahissante de térébenthine. Un silence apaisant y règne en maitre, j’avais
l’impression de bloquer ma respiration à chaque pas ou gestes de la jeune fille.
Par peur de déplacer la moindre particule, sous peine de changer l’allure du
tableau.
L'auteur nous plonge dans la ville de
Delft au XVIIe siècle. Un pari réussi, car l'atmosphère de cette époque et très
bien retranscrite. Nous découvrons, les coutumes des habitants. Les
différents corps de métier, la hiérarchie qui s'impose entre les pauvres et les
riches, les religions, les difficultés de la vie.
L'histoire ne s'arrête pas à Griet. Le
monde qui l'entoure est tout aussi important et la richesse de la culture et du
savoir de Tracy chevalier est surprenante.
Un petit point négatif tout de même...
La fin qui pour moi, est inachevée. Elle me laisse un peu à l'abandon, j'aurais
aimé en savoir plus.
Une autre scène m'a un peu dérangé... La
rencontre entre Cornélia (l'une des filles de Vermeer) et elle est plutôt
surprenante. L'enfant est très vite rancunière, et veut se venger de Griet. Et
pour cause ! A peine arrive-t-elle dans la demeure, qu'elle gifle l'enfant
prise en faute.
J'ai été assez surprise, voir choquée,
qu'elle lève la
main sur la fille de son maitre. J'ai eu l'impression qu'un élément dans
l'histoire m'avait échappée.
Certes, Griet était stressée de son
arrivée, mais... cela m'a un peu laissé perplexe.
Bien sûr, cette réaction entraine chez
Cornélia, une haine profonde envers la servante. Elle en devient dangereuse, éssayant de la piéger ; l'accusant de vole...
Manquant plusieurs fois de la faire renvoyé alors que Griet à besoin de
ces gages pour sa famille.
Je me demande si son attitude aurait été
la même, si Griet ne l'avait pas giflée. Tout se construit sur ce geste...
Pour finir,
J'ai vraiment passé un excellent moment
et je vous le recommande. Griet est attachante et Vermeer est... envoutant...








J'avais été surprise aussi par cette claque au début du récit, par contre j'ai bien aimé la fin et la façon toute simple dont elle récupère et se débarrasse des perles!
RépondreSupprimerJe suis allée à Amsterdam le mois dernier et les trois tableaux de Vermeer m'ont scotchée, et même s'il n'y avait pas la jeune fille à la perle je pense que j'ai regardé différemment la laitière grâce à lui! Pour le personnage bien sûr, mais surtout ces couleurs incroyables que l'on imagine pas avant d'être devant!
oui cela doit avoir une toute autre saveur quand on a lu le livre :D
Supprimerj'aimerai voir certaines de ses œuvres, dont la laitière :D
J'ai beaucoup aimé ce livre. L'écriture de Tracy Chevalier est simple et sans prise de tête et j'ai trouvé ça super intéressant d'inventer une histoire romanesque à partir d'un tableau qui, comme tu le dis, est particulièrement mystérieux.
RépondreSupprimerje l'ai tout autant aimé ! c'est un livre magnifique et l'histoire est superbe ! Les personnages sont si attachant !
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